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De la canicule aux mégafeux : le capitalisme c’est la catastrophe
Déclaration du 1er août 2026
La déclaration maquettée au format A4 pour diffusion large (4 pages)
1. Voilà un mois que ça brûle de partout, comme jamais, le sentiment d’apocalypse qui nous rend impuissant. Les incendies, c’est la conjonction de températures élevées, d’humidité très faible et de vents violents. Et quand ils se transforment en méga-feux qui créent leur propre climat, rien n’arrête ces ouragans de flammes, c’est l’enfer sur terre.
2. Les causes immédiates naturelles ou artificielles sont bien connues depuis des années. Imprudences, défaillances techniques, accidents, négligences, malveillance, foudre, ça a toujours été comme ça, le combo ne change pas au fil des ans, les ¾ des accidents sont provoqués par un manque de précaution ou la malveillance. C’est vrai, les chiffres sont là, et il y a encore beaucoup à faire pour la prévention des feux. Mais RAS LE BOL de cet éternel discours culpabilisant qui renvoie la responsabilité sur chacun. C’était comme ça avant, alors POURQUOI ça a changé ? Ils viennent d’où les mégafeux ? Les responsabilités des étincelles de départ sont toujours les mêmes, mais c’est LA MÉTÉO QUI A CHANGÉ, il faut être carrément aveugle pour ne pas le voir.
Mettre en garde à vue les deux ouvriers qui ont meulé en bord d’autoroute à Fontainebleau, c’est franchement abuser ! Qui les a envoyés travailler dans la fournaise sans les précautions nécessaires ?
3. La vraie raison de ces catastrophes, tout le monde le sait maintenant, c’est le dérèglement climatique lié à l’activité humaine. Et quand on dit « activité humaine », on parle évidement du « système » qui en est à la base, le système productif capitaliste, dans l’industrie, les mines, les transports, l’agriculture. L’extraction de pétrole et de charbon continue d’augmenter avec donc la dissémination massive de CO2, « Drill, baby, drill » est le mantra de Trump pour le pétrole, « Creuse, baby, creuse » est celui de Xi Jinping pour le charbon en Chine. Les profits de TotalEnergies doublent. Le nombre de transports aériens continue de grimper en flèche, la journée du 23 juillet, en plein cœur des incendies a été la journée record dans l’histoire de l’aviation civile. Les datacenters prolifèrent sur toutes la planète avec leur consommation énergétique astronomique. La ressource en eau est accaparée par l’agriculture intensive et l’industrie. On en arrive même à déboiser pour installer des panneaux solaires ! C’est le capitalisme et ses rapports de production mortifères qui est à la manœuvre dans le monde entier, c’est lui le responsable et le coupable.
4. Car le dérèglement climatique, il faut le rappeler, n’a pas de frontières. Les incendies se transforment en mégafeux partout, Los Angeles, le Portugal, la Grèce, l’Australie, le Canada, la Sibérie, le Brésil, le Congo, l’Algérie, les températures moyennes ne cessent de monter, et provoquent ces incendies ravageurs, sinon des températures littéralement infernales comme en Inde ou au Pakistan. On combat les incendies localement, évidemment, mais le problème est global. Tant qu’on n’aura pas compris que l’internationalisme doit être au cœur de la solution, rien ne changera. C’est pour cela que tous les nationalistes de France et d’ailleurs sont condamnés à l’impuissance et réduits à proposer de minables recettes pour tenter de limiter les dégâts inévitables.
5. Outre ces grandes tendances mondialisées, le capitalisme c’est aussi une urbanisation concentrée, des forêts mal entretenues qui se développent avec la diminution des surfaces agricoles (liées à l’agriculture intensive), l’extension des broussailles. Mais à d’autres endroits c’est l’artificialisation des sols liée à l’extension des villes. Ce sont des sites militaires à haute dangerosité (missiles, explosifs) éparpillés dans les campagnes et aujourd’hui menacés par les mégafeux. C’est l’exploitation intensive d’espèces d’arbres à pousse rapide et donc à fort pouvoir incendiaire comme dans les Landes (c’est la même chose pour l’eucalyptus au Portugal). C’est la petite maison de campagne pour les nouveaux consommateurs d’espaces verts. Le capitalisme est ainsi doublement responsable : non seulement il a provoqué le réchauffement climatique, mais la gestion de l’urbanisation et des forêts aggrave encore les catastrophes.
6. Tiens, parlons-en de la forêt des Landes. En fait ce n’est pas une forêt naturelle qui brûle, mais une plantation industrielle. A partir du 18e siècle, des capitalistes ayant besoin de bois ont commencé à planter du pin dans les Landes pour les besoins de l’industrie de la vigne (vin de Bordeaux, très tôt exporté), puis plus tard pour les traverses de chemins de fer, les poteaux télégraphiques, etc. Il s’agissait de grands capitalistes, les Pereire, et de capitalistes du chemin de fer. D’ailleurs on avait commencé à planter massivement du pin à Fontainebleau dès le début du 19è siècle, cette fois en rasant carrément les massifs d’arbres feuillus.
Ça ne s’est pas fait sans heurts : sous Napoléon III une loi d’exception intime l’ordre aux communes de planter du pin sur les communaux (les terres sans propriétaires privés) et de les vendre au privé, sinon expropriation du foncier. Avant cela, les Landes c’était du pâturage, de la culture vivrière (grâce aux fumures des moutons), et déjà un peu de résineux notamment pour produire de la sève, mais sous agriculture paysanne.
A la fin du Second Empire il y a même eu des révoltes paysannes contre la politique de plantation, avec notamment des paysans qui foutaient le feu aux nouvelles forêts !
Les feux dans les Landes, ce n’est rien d’autre qu’une catastrophe industrielle capitaliste, comme AZF, les marées noires, Lubrizol ou autres.
Aujourd’hui c’est une forêt industrielle bourrée de pesticides et autres toxiques qui se répandent au gré des incendies, et empoisonnent pompiers et riverains.
7. La sécurité anti-incendies manque de moyens, c’est tellement évident, même la bourgeoisie est désormais obligée d’en convenir. Le dernier Canadair acheté est arrivé en 2007, Attal premier ministre a même réussi à annuler deux avions sur une commande de quatre. Les SDIS (services départementaux de pompiers) manifestent régulièrement pour augmenter leurs moyens, et se font matraquer comme les autres par les gendarmes et CRS. L’ONF (Office des Forêts) a vu ses effectifs diminuer de 40%. Le gouvernement se gargarise de la reconversion d’un avion militaire A440M en bombardier d’eau, mais les professionnels rient jaune, car les rotations sont bien plus longues et le résultat final est à peine plus efficace qu’un Dash.
Le capitalisme, c’est le cynisme poussé à l’extrême. L’austérité pour la santé, l’école, les pompiers, mais jamais les profits des grands monopoles n’ont autant explosé ! Où est passé l’argent ?
8. Par contre, des moyens gigantesques ont été déployés pour protéger les sites militaires sensibles. Coupes feux, remblais de protection, engins sans limite. La militarisation capitaliste mérite toutes les attentions, toutes les protections. D’une autre manière, les pompiers ont reçu l’ordre d’abandonner les habitants au Poge pour aller protéger la « réserve » des grands bourgeois industriels de Bordeaux, ou médiatiques, au Cap Ferret. Et ils osent venir aujourd’hui verser une larme de solidarité… Mais fermez-la ! Disparaissez ! Certains pompiers ont refusé d’être transférés. Aujourd’hui certains habitants du Poge portent plainte : ils ont raison !
Comme d’habitude, le capitalisme se protège et protège les siens, faisons leur rendre gorge !
9. Les pompiers sont les prolétaires de la sécurité. Dans les usines à risques (raffineries, chimie), ils font même partie du personnel de maintenance, ce sont des ouvriers comme les autres. Ils subissent la pénibilité (pas besoin de faire un dessin) mais pourtant leurs cancers professionnels ne sont pas reconnus. Leur combat est un combat de classe, il doit être soutenu !
10. Qui sont les vrais pyromanes ? La réaction bourgeoise, Attal, qui ont réduit les budgets de la sécurité incendie, la FNSEA, la Coordination Rurale qui annonce déjà qu’elle ne respectera pas les quotas d’eau déjà énormes qu’on lui a attribués sur la nappe phréatique. Mais au-delà, ce sont Trump, Poutine, Xi, Macron, Netanyahou, Modi et autres qui mettent la planète à feu et à sang, qui se moquent comme d’une guigne des générations futures et de leur avenir. Ou plutôt qui « jouent avec le feu » - au sens véritablement strict, en pariant qu’on saura gérer les risques et trouver d’autres solutions à l’avenir. Avenir sur lequel ils sont d’ailleurs totalement aveugles, prisonniers de la guerre économique mondialisée et de la concurrence, incapables de prévoir ce que leurs concurrents préparent dans leur dos.
Le capitalisme nous précipite en enfer !
11. S’adapter ou changer de logique ? Le choix a l’air clair et évident. Il y a les réactionnaires qui ne jurent que par l’adaptation, au coût minimum bien sûr, au serrage de ceinture budgétaire jusqu’à l’os au nom de la supposée dette, jusqu’à la caricature de la climatisation pour tous proposé par le RN. Ce qui n’empêchera pas les feux, bien sûr. Il y a les mesures des agroindustriels de la forêt, coupe-feux géants, réservoirs d’eau préventifs dans les forêts, surveillance renforcée, mais le risque reste là. Il y a la CGT qui publie deux pages de mesures immédiates, certes pas fausses, on peut les défendre, mais silencieuses sur l’origine du problème et les solutions à y apporter. Il y a le PCF qui fait campagne pour des Canadairs plutôt que des Rafale, pas faux non plus on peut défendre le mot d’ordre, mais rien sur le changement de société évident, urgent, révolutionnaire qu’appelle la situation. Alors bien sûr il faut au minimum se donner les moyens de limiter les dégâts face au dérèglement climatique. Mais le fond du problème n’est pas là.
On produit en deux mois plus d’avions A350 que la France n’a de Canadairs ! Le capitalisme c’est ça : produire des avions dont la société n’a pas besoin, plutôt que ceux dont la société a besoin. Et c’est bien l’ensemble du système, industries, mines, agriculture, transports, urbanisation qui doit être bouleversé de fond en comble, on ne peut pas faire l’économie d’une révolution, au risque de brûler vifs à ne rien faire…
12. Alors on fait quoi concrètement ? Comme d’habitude, les bourgeois, le gouvernement, les médias veulent nous enfermer dans l’impuissance et la confiance dans les experts qui ne veulent que notre bien. Notre arme, c’est la solidarité de classe, sans aucune confiance dans l’Etat capitaliste. Prenons exemple sur les comités de citoyens qui se sont développés à Altadena à Los Angeles après les méga-feux pour venir en aide aux victimes abandonnées par l’Etat. Aidons les pompiers de manière indépendante par l’hébergement, la nourriture comme cela se fait d’ailleurs largement, en profitant pour développer nos positions. Aidons les paysans dans la souffrance, mais pas n’importe lesquels, hors de question de travailler pour les agroindustriels capitalistes de la FNSEA ou les agrofascistes de la Coordination Rurale. A choisir, il vaut mieux travailler avec la Confédération Paysanne, même si ce sont des réformistes, au moins le terrain sera plus favorable pour le débat politique anticapitaliste.
13. Nous sommes pour la dictature écologique du prolétariat. N’ayons pas peur des mots. Aujourd’hui d’ailleurs, tout le monde utilise les superlatifs, enfer, apocalypse et autres joyeusetés – qui ont l’avantage de bien décrire la situation actuelle, la dictature terroriste du capital. Et bien nous, face à cette promesse d’apocalypse, nous voulons instaurer une dictature écologique du prolétariat, une vraie révolution totale, pour remettre les choses à l’endroit, reposer un socle sur lequel pouvoir reconstruire une nouvelle société. Nous l’avons dit, nous ne voulons pas brûler vifs ! Et c’est bien ça l’enjeu du moment.