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Toxiques chimiques : nous ne sommes pas des « cobayes », mais les victimes collatérales d’un système barbare !

Des milliers de morts de l’amiante, avant tout ouvriers, et pour des décennies encore…
Des dizaines de milliers de cancers de la prostate à venir aux Antilles, la faute au chlordécone, insecticide pour la banane, utilisé en toutes connaissance de cause par les planteurs békés…
La silicose, l’anthracose, les morts ou malades du plomb, de l’arsenic, les composés organiques (comme les graisses pour les moules de la sidérurgie, du verre ou du caoutchouc) …
Le glyphosate toujours autorisé, avec la complaisance d’un gouvernement soumis aux agros-capitalistes…
AZF, la zone industrielle de Fos sur Mer et son taux incroyablement élevé de cancers rares, les usines à risques, les zones polluées…
Le nucléaire et des déchets pour des centaines de milliers d’années, le nuage de Tchernobyl, Fukushima…
Les solvants, vernis, diluants, désinfectants organiques dans la construction ou la santé…
Aujourd’hui ce sont plus de 10% de toute la population salariée qui est exposée à au moins un toxique chimique, le plus souvent CMR (Cancérigène, mutagène, reprotoxique)…

La « société moderne » secrète de plus en plus de poisons, dans l’atmosphère, dans l’agriculture et l’alimentation, dans les médicaments même, dans les produits industriels de plus en plus sophistiqués.
Et il ne s’agit pas de dérapages, d’essais ratés ou irresponsables dont nous serions des cobayes malheureux.
Non, il s’agit d’un mode de production, appuyé sur la recherche d’un taux de profit (rentabilité) maximum, dans le cadre de la guerre économique mondialisée. C’est le capitalisme, qui se moque comme d’une guigne des victimes collatérales, d’abord ouvrières et populaires (les bourgeois savent se préserver !).
A tel point que Macron et son gouvernement ont retiré les risques chimiques des facteurs de pénibilité – d’ailleurs le terme même a disparu ! Les risques chimiques, comme tous les risques, ce sont des variables d’ajustement sur les coûts et les profits – pas sur la santé, la protection de la nature ou la pénibilité du travail.

Ça crève les yeux. Plus les années passent, plus il apparaît que les enjeux écologiques sont au cœur de la contestation du capitalisme et de l’exploitation. Il n’y a plus de « richesses à mieux partager », il n’y a plus de miettes à négocier, on arrive à l’os, au renforcement de l’exploitation, pénibilité, précarité, empoisonnement, toxiques, sans aucune contrepartie. Le capitalisme, c’est la destruction de l’homme et de la nature, sans états d’âme, la planète court vers la catastrophe…

Alors aujourd’hui, on peut rêver à un capitalisme à visage humain, respectueux de la nature et des hommes, un capitalisme responsable en quelque sorte… Les ouvriers savent ce qu’il faut en penser, depuis les mines et la sidérurgie du XIXème siècle.

Nous avons deux combats
- 1) Le premier est celui de la défiance, le « principe de méfiance anticapitaliste ». Ne jamais faire confiance à nos exploiteurs, dans les entreprises ou au gouvernement. Le principe de notre organisation autonome, indépendante de toutes les institutions, appuyé sur la mobilisation populaire, dans les entreprises et les quartiers, pour un contrôle général des situations à risques. C’est ce qui commence à se faire un peu partout. Il faut créer des collectifs associant voisins et travailleurs, avec les syndicats, pour la mise à plat de toutes les situations à risques ou à doute. Nous devons construire des rapports de force locaux pour exiger des comptes, pour contrecarrer les plans d’empoisonnement du capitalisme.
- 2) Le deuxième c’est de nous organiser pour en finir avec cette société qui détruit nos vies et la planète, pour une révolution socialiste ET écologique qui mette l’intérêt et les besoins des travailleurs au premier plan, qui en finisse avec le profit, la concurrence, les gaspillages, poisons, pénibilité qui sont la marque de la société barbare dans laquelle nous vivons…
Nous sommes Verts parce que nous sommes Rouges, seule la révolution pourra remettre la société sur ses deux jambes, la protection de la nature, et la protection des ouvriers et travailleurs !

Bulletin N°30 - Juin/Juillet 2018
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