Actualité > Municipales, vous allez voter, vous ?

Municipales, vous allez voter, vous ?

Déclaration du 12 mars 2026

Drôle de période…
D’un côté le chaos planétaire, les bombes en Palestine, en Iran, au Liban, en Ukraine et dans bien d’autres régions du monde. La montée du fascisme et de la réaction. Le dérèglement climatique.
De l’autre le spectacle un peu pitoyable de tous nos politiciens en train de s’écharper pour les sièges des mairies…

Soyons bref sur le cirque électoral, chacun.e le voit de tous les côtés : magouilles partidaires, brebis galeuses, boules puantes, procès, alliances à géométrie variables, navigation à vue et opportunisme calé sur les sondages, catalogues de promesses sans lendemain, corruption, ça tourne beaucoup autour de « stop ou encore » pour l’équipe sortante, « moi je suis meilleur gestionnaire qu’elle ». De moins en moins d’étiquettes de partis, chacun masque son drapeau, évite les outrances pour caresser dans le sens du poil, racisme et police municipale à la clé. Il est vrai que plus personne n’y croit vraiment, « changer la vie » depuis la mairie, la belle blague, et l’abstention promet d’être massive – personne n’en parle !
Rarement un vrai débat de fond – comme celui sur le réchauffement climatique dans les stations de ski.
Même la montée de l’extrême-droite est banalisée, quand elle n’est pas encouragée, et semble inéluctable avec un glissement général de tous les partis vers la droite.
Et en plus, cerise sur le gâteau, on sent bien que tout le monde se fout des mairies et de la politique locale et que derrière se cache la présidentielle à venir l’an prochain, et qu’on est dans la préparation du terrain. D’ailleurs, les vociférations et la polarisation visible dans tous les médias n’ont que ça comme objectif : d’un côté masquer l’austérité et la militarisation à venir, de l’autre se présenter comme le « meilleur » antiraciste et antifa…

Il y a une chose de vraie : les municipales sont les écoles électorales pour les étapes d’après. Les mairies, ce sont des appareils d’Etat, l’échelon inférieur certes, mais le lieu d’application des mesures européennes, nationales, régionales ou départementales. Etat civil, gestion des écoles, réseau routier, eau, énergie, communications, commerces, logement social, transports, sécurité publique, pouvoirs de police, tout cela est du ressort des mairies, avec en prime la bureaucratie étatique croissante.
Ceux qui nous chantent un petit ilot local déconnecté de la politique nationale, le lieu de rencontre des bonnes volontés pour le bien-être commun nous racontent des salades. Même si ça peut être quand même un aspect secondaire, en particulier dans les villages ou petites villes où la vie communautaire est encore active.

Nous militants maoïstes de Voie Prolétarienne disons que ces élections municipales ne changeront fondamentalement rien à notre vie. Elles n’empêcheront pas l’avancée de la réaction, des idées nauséabondes du fascisme, du sexisme et de l’homophobie, du racisme, de l’antisémitisme et de l’islamophobie… Elles n’empêcheront pas le développement de l’austérité et de la misère, les fermetures d’entreprises et les licenciements, la disparition des services publics. Elles n’empêcheront pas la guerre en préparation.
Après, nous savons que beaucoup sont persuadé.e.s du contraire, que les uns sont « moins pires » que les autres, que ça peut changer un « petit » quelque chose, qu’on ne peut pas laisser faire.

Alors c’est vrai. On ne peut pas laisser faire. On ne peut pas rester spectateurs de notre vie alors que le chaos s’installe sur la planète, y compris désormais dans nos pays impérialistes qui étaient restés confortablement à l’écart pendant des décennies.
Mais réagir, ça ne passe pas par ces élections, instrument truqué de la prétendue « démocratie ». C’est un écran de fumée pour nous faire croire qu’on peut agir sur notre vie, alors que la grande bourgeoisie du gouvernement, des institutions, des grandes entreprises, des ministères, des médias (le « système » capitaliste) décide à notre place en souterrain.
Réagir, c’est prendre ses affaires en main. C’est bien sûr être actifs au niveau associatif, syndical, local ou national. Mais c’est surtout reprendre le drapeau rouge de la politique, la vraie, celle des Communards, des révolutionnaires russes et chinois, celui de « Justice, Egalité et Révolution Sociale ». Reconstruire un parti politique révolutionnaire pour nous les ouvrier.e.s, les prolétaires, pour préparer enfin sérieusement notre libération, qui ne passera évidemment pas par le jeu électoral qu’on nous propose.

C’est ça la vraie et bonne question.
Alors pour les élections municipales, chacun.e peut se faire un petit film sympathique ou angoissé, décider que telle liste est « mieux » que telle autre, qu’il faut à tout prix éviter le pire ou qu’il faut se démarquer radicalement par le vote.

Aujourd’hui, les vrais communistes ne sont pas en mesure de peser sur la situation politique, c’est l’évidence. Alors, nous militants maoïstes, disons clairement qu’il ne sert à rien de voter, que c’est un leurre, mais nous ne voulons pas en faire un point de clivage avec toutes celles et ceux qui hésitent ou ont peur – d’autant justement que ça ne sert à rien !
Que chacun.e fasse donc comme bon lui semble, mais surtout, que chacun.e fasse le bilan de toutes ces élections passées, de toutes les expériences faites et de leurs échecs, ce qu’il en reste et fasse maintenant les bons choix de s’organiser politiquement. C’est le seul espoir, c’est la seule issue, c’est la seule qui permette de construire vraiment.