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Editorial : danger de guerre, promesse de révolution !
Partisan magazine N°26 - Décembre 2025
« Mesure-t-on réellement ce que notre monde est en train de devenir ? ». C’est la secrétaire de la Cimade qui pose cette excellente question dans une tribune du journal Le Monde du 9 octobre. (La Cimade, comité inter-mouvements auprès des évacués, est une vieille association d’aide aux migrants, créée en 1939 par des chrétiens protestants). Mesure-t-on ? En partie oui, disons : en gros. On voit bien la préparation de la guerre, la montée de l’extrême-droite, la crise écologique, etc. On voit même les attaques systématiques contre les travailleurs, et ce que la secrétaire de cette association humaniste évoque, c’est la véritable guerre faite aux migrants, pas seulement par Trump, mais par l’Europe, par la France.
On n’a pas entendu jusqu’au bout la petite phrase du général Mandon, le chef d’état-major des armées au congrès des maires : « Si notre pays flanche, parce qu’il n’est pas prêt de perdre ses enfants – parce qu’il faut dire les choses -, de souffrir économiquement – parce que les priorités iront à de la production de défense, par exemple -, si on n’est pas prêt à ça, alors on est en risque. »
Dès maintenant donc, les travailleurs doivent savoir « souffrir économiquement ». La lutte des classes est bien ce que Marx en disait : une guerre de classes. Souffrir pour souffrir, mourir pour mourir, et si c’était pour une cause qui vaille la peine : en finir avec le capitalisme impérialiste, par exemple ?
Mesure-t-on réellement ? Qu’il y a un gros problème qui se présente, oui ; la solution, beaucoup moins ! On sait qu’un deal entre Trump et Poutine, et Trump et Netanyahou, ou entre nos politiciens, socialistes et macronistes, ne résoudra rien, au contraire. On sait qu’il faudrait une vraie révolution sociale et un changement total du mode de production, pour avoir enfin un monde de paix et de justice. Mais tout est fait pour que cette voie prolétarienne soit cachée, interdite ou ridiculisée dès qu’elle apparaît. Et ce problème n’est pas du domaine de la Cimade, qui n’est ni politique ni révolutionnaire.
Pour ce numéro de Partisan, le comité de rédaction s’est dit – et l’idée a été retenue en assemblée générale : on ne va pas en rajouter dans l’analyse géopolitique mondiale, dans les magouilles politiciennes françaises, dans le catastrophisme et le découragement ! Ciblons la question de la révolution, c’est elle qui n’est pas claire. Voilà pourquoi vous avez un point de vue sur la révolte à dimension mondiale de la « génération Z ». Une interview sur le « moral des troupes » en France, dans notre classe. Des réflexions, à propos d’un petit livre, sur ce que la révolution féministe apporte d’essentiel à la révolution communiste. Et puis, la situation en Palestine ne nous incite-t-elle pas, profondément, à nous révolter contre toutes ces soi-disant démocraties, complices des pires crimes, et qui sont surtout, toutes, capitalistes et impérialistes. Un dossier complet sur la guerre nous indique contre quoi et comment lutter, et nous donne même rendez-vous à Paris le 13 février prochain pour une réunion publique. Enfin, un deuxième dossier nous présente un pays peu connu en France, les Philippines, parce qu’il est situé en Extrême-Orient, qu’il n’est pas une ancienne colonie française, et surtout peut-être parce que les communistes y sont maoïstes.
L’auteure du petit livre sur le féminisme a cette phrase que nous partageons : « Les capitalistes représentent toujours la révolution comme un horizon dépassé, anachronique ou illusoire. Or la révolution n’est pas morte. Elle éclate même sans cesse sous nos yeux ». Et elle rappelle le printemps arabe, l’Algérie et le Soudan, les Gilets jaunes… Ce qui nous manque, ce n’est pas les luttes, les révoltes et même les révolutions. Ce qui nous fait défaut, c’est une direction politique, dans les deux sens du mot : un parti et une ligne politique. Disons et répétons cette phrase de Marx prononcée au congrès de création de la première Internationale : « Le nombre ne pèse dans la balance que s’il est uni par l’association et guidé par le savoir. » Cette phrase semble directement inspirée de Machiavel (dans Le Prince, ch. XVIII) : « Le petit nombre n’est écouté que lorsque le plus grand ne sait quel parti prendre ni sur quoi asseoir son jugement. » N’ayons plus peur des avant-gardes, faisons en sorte qu’elles soient justes !
Que voulons-nous ? Que faut-il faire ? C’est le contenu du Manifeste de VP, re-rédigé récemment, et collectivement. Une bonne base sur l’essentiel, à la portée de tous. Utilisons ce petit texte, diffusons-le.